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Nord-Kivu: Encadrement des artistes, une voie vers la promotion de la culture

Réunion avec les peintres de Butembo

Dans sa mission de la promotion de la culture, recherche, documentation et protection des patrimoines, AHDI a toujours réuni les artistes de toutes filières afin de comprendre leurs défis et attentes. C’est dans ce cadre qu’une réunion était organisée en date du 17 mars 2022 au bureau urbain de culture et arts de la ville de Butembo, dont le compte-rendu se présente comme suit:

Cadre: Bureau urbain de culture et art ville de Butembo.

Participant: 10 dont 2 femmes et 8 hommes. 

Président de la réunion: Philémon Kalondero, coordonnateur de AHDI, Modérateur : Vatsotsi, Secrétaire du bureau urbain de la culture et art.

Ordre du jour

Après la présentation des participants, nous sommes passé au message clé de Son Excellence adressé aux artistes lors du Festival Amani à Goma. Le coordonnateur de AHDI a  rappelé les artistes à la collaboration et l’étude des mécanismes de promotion de nouveaux talents. Cette promotion exige la cohésion entre les artistes, et considérer chacun son activité comme une industrie culturelle à promouvoir. D’où, il faut bien gérer le circuit de fonctionnement de cette industrie: la production et la commercialisation. A ce sens, la question a été posé aux artistes pour savoir quel effort ils fournissent pour commercialiser leurs œuvres. Leurs réponses ont permis d’entamer le point sur l’évaluation de leur activité.2. En réagissant, les artistes ont brossé un tableau sombre de leur métier. En effet, disent-ils, ils ont toujours encadré les jeunes talents. Et comme leur activité n’est plus lucrative, les jeunes finissent par fuir et aller chercher la vie ailleurs. Selon eux, depuis que les touristes n’arrivent plus en ville de Butembo, ils n’écoulent plus leurs œuvres d’art. De même, l’informatique leur a ravi tout ce qui leur restait comme activité : au lieu d’écrire des calicots, on les imprime; même chose pour les habits (ti-shirt). Ils ont aussi montré que la ville de Butembo ne favorise pas la promotion de l’art. Il n’y a aucune galerie d’art pour exposition et commercialisation. Les commerçants ne s’intéressent pas aux œuvres d’art. Depuis que les missionnaires sont partis, ils stockent leurs œuvres. Et comme la communauté ne consomme pas l’art, il faut seulement se contenter de l’art populaire. Comme recommandation, il faut trouvé un marché de l’art,  et surtout faire un partenariat avec les autres provinces pour voir comment échanger cette denrée, comme dans les autres provinces l’art y est bien consommé. Ils s’étonnent qu’aucun partenaire ne vient pour la promotion de l’art, alors que pour les autres domaines où on finance les activités, par exemple l’agriculture, l’élevage, la santé, etc. 3. S’agissant du festival Espoir, il leur a été annoncé une activité culturelle et artistique intégratrice  de toutes les disciplines culturelles et artistiques. Cela ressort de la communication de Son Excellence Madame le Ministre lorsqu’elle exprimait sa gratitude aux organisateurs du festival Amani. Ainsi, l’on voulait que tous les artistes y prennent part. D’où la nécessité de les atteindre et les y préparer. Les peintres et sculpteurs ont bien apprécié cette initiative, la première, selon eux, depuis qu’ils ont commencé ce métier. Une condition sine qua non leur a été fixée : être identifié au bureau de la culture et art.4. Dans les divers,a. il a été révélé qu’avant les artistes étaient réunis au sein de l’association nationale des arts plastiques, qui les aidait à se défendre contre certaines tracasseries fiscales, comme la patente artisanale. Aujourd’hui, il y a urgence   que les opérateurs culturels agissent ensemble. b. Aucun artiste peintre n’est identifié. Vu la nécessité,  ils ont émis le vœu d’avoir des cartes nationales qui pourraient leur permettre d’aller au-delà de la province. Mais aussi, ils souhaitaient d’ailleurs avoir une carte internationale, s’il y en a. c. Les peintres et sculpteurs veulent que lors de l’exposition au festival, quelques œuvres soient prises par le service du musée pour les capitaliser. d. Il faut parfois agir comme à Kampala où le service collectionne les œuvres d’art et les amènent en Europe pour écoulement. C’est d’imaginer une pareille stratégie en RDC. e. Vu que le métier des peintres est piraté par les blanchisseurs, il serait mieux de créer une association qui les intègre afin que ce secteur soit bien contrôlé. Entre-temps, le service de culture et art devra voir comment travailler avec le service de l’urbanisme et habitat afin de contraindre les architectes au respect de la mesure qui sera édictée : n’utiliser qu’un peintre ou blanchisseur connu par le service. Commencée à 9h40, la réunion a pris fin à 11h30, à la grande satisfaction des peintres et sculpteurs.

Peintres de la ville de Butembo

Les artistes souhaitent voir le ministère de tutelle s’impliquer dans la protection et la promotion de leurs oeuvres.

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