Prévenir les abus sexuels à Kayna : les ONG misent sur le renforcement des points focaux PSEA

Les points focaux PSEA des organisations non gouvernementales œuvrant dans la zone de santé de Kayna ont bénéficié, le mardi 3 juin 2025, d’une formation axée sur la Prévention de l’Exploitation, des Abus et du Harcèlement Sexuels (PSEA). Cette activité s’est tenue à Kirumba, dans la salle de réunion de l’Hôtel La Charité, au Sud du territoire de Lubero, sous l’égide de AIDES, avec l’appui financier de Organisation mondiale de la Santé.

Cette formation s’inscrivait dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Offre de soins de santé, santé sexuelle et reproductive d’urgence face aux conséquences sanitaires de la crise humanitaire complexe au Sud de Lubero », mis en œuvre dans la province du Nord-Kivu.

La zone de santé de Kayna, actuellement considérée comme une zone de retour, fait face à plusieurs défis liés à la vulnérabilité des communautés et aux risques d’exploitation et d’abus sexuels. Face à ce contexte sécuritaire, il est apparu essentiel de renforcer les capacités des acteurs humanitaires afin qu’ils maîtrisent les principes fondamentaux de la PSEA, les mécanismes de signalement et les messages clés à transmettre aux communautés.

Selon le Coordonnateur national de AHDI et Facilitateur, Philémon Kalondero, la formation visait notamment à définir les concepts clés liés à la PSEA ; différencier les exploitations et abus sexuels (EAS) des violences basées sur le genre (VBG) ; expliquer les mécanismes communautaires de signalement et de gestion des plaintes ; analyser les risques d’EAS et élaborer des mesures de mitigation ; redynamiser le sous-réseau PSEA de Kayna ; faire signer le code de conduite aux participants.

À l’en croire, une attention particulière a été accordée aux mécanismes communautaires de signalement, considérés comme des outils essentiels de prévention et de protection. Les participants ont été sensibilisés à l’utilisation de plusieurs canaux, notamment le numéro vert national de l’ONG, les points focaux PSEA des organisations ; les boîtes à suggestions; les espaces sûrs et points d’écoute dans les formations sanitaires ; les comités communautaires de gestion des plaintes (CBCM). Cet acteur humanitaire, a mis l’accent sur la confidentialité, la sécurité des survivants et l’interdiction formelle de toute représaille à l’encontre des lanceurs d’alerte.

À l’issue de la formation, 30 participants (14 femmes et 16 hommes) ont signé le code de conduite, marquant ainsi leur engagement à respecter et promouvoir les principes de protection contre l’exploitation et les abus sexuels. La rencontre a également permis de redynamiser le sous-réseau PSEA de Kayna, resté inactif pendant plus d’une année. À l’issue d’un vote démocratique, SOFEPADI a été élu lead du sous-réseau, ODAF comme co-lead et AUDI Congo comme secrétaire.

Selon les organisateurs, les objectifs de la formation ont été atteints à 90 %. Les participants ont démontré un intérêt particulier pour la thématique à travers des échanges riches et des questions pertinentes. Cependant, certains défis persistent, notamment
la crainte de représailles lors du signalement des cas ; le dysfonctionnement de certains mécanismes de plainte ; le manque de financement pour les activités PSEA ; l’absence de supports de visibilité du projet.

Soulignons qu’à travers cette formation, Actions Humanitaires pour le Développement Intégral (AHDI) réaffirme son engagement en faveur d’une aide humanitaire éthique, responsable et respectueuse de la dignité humaine. Les participants ont été appelés à renforcer la sensibilisation communautaire et à promouvoir un environnement où toute exploitation, abus ou harcèlement sexuel est dénoncé et sanctionné.

Emmanuel SYAVUTAWA

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