L’ONG AHDI brise le silence : les risques d’exploitation et abus sexuels, les violences basées sur le genre, un fléau persistant et invisible
En dépit de la situation socio-sécuritaire au Sud du territoire de Lubero, l’organisation Actions Humanitaire pour le Développement Intégral, AHDI, intensifie ses activités humanitaires dans les zones de Santé Kayna et Kibirizi. Elle a sensibilisé en date du 7 au 8 mai 2025, les parents d’élèves de l’école primaire Buololi sur les principes fondamentaux de Protection contre l’Exploitation et abus sexuels, ainsi que sur les normes générales qui se rapportent aux violences basées sur le genre.
Dans un climat apaisé, des parents d’élèves de l’EP Buololi participent à une séance de sensibilisation sur les risques qui illustrent les violences basées sur les genres et les exploitations et abus sexuels. C’est l’une de salles de classes de cet établissement éducatif qui a servi de cadre l’activité.
Le facilitateur de la séance, Guylain Busongole, Chef d’antenne des zones de santé Kayna et Kibirizi pour l’organisation AHDI, introduit la thématique inscrite à l’ordre du jour dans le contexte actuel, où le monde fait face à des crises humanitaires et des conflits prolongés. Les violences basées sur le genre (VBG) sont silencieusement enregistrées dans les communautés les plus vulnérables. Derrière chaque conflit, déplacement ou catastrophe naturelle, des milliers de femmes, filles, mais aussi d’hommes et de garçons, deviennent les cibles de ces violences, exploitations et abus, souvent perpétrés dans l’impunité.
L’humanitaire de l’ONG AHDI est revenu sur les six principes fondamentaux de visant à prévenir et répondre à l’exploitation et aux abus sexuels (EAS) commis par le personnel humanitaire : 1. L’exploitation et les abus sexuels commis par des travailleurs humanitaires constituent donc un motif de licenciement. 2. Les activités sexuelles avec des enfants (personnes de moins de 18 ans) sont interdites. 3. L’échange d’argent, d’emploi, de biens ou de services contre des relations sexuelles. 4. Toute relation sexuelle entre les personnes fournissant une aide humanitaire et une protection et une personne bénéficiant de cette aide humanitaire et de cette protection, qui implique un usage abusif du rang ou de la fonction, est interdite. 5. Lorsqu’un travailleur humanitaire développe des inquiétudes ou des soupçons concernant des abus ou une exploitation sexuelle de la part d’un collègue, qu’il travaille ou non dans la même, il doit signaler ces inquiétudes via les mécanismes de signalement établis par l’agence. 6. Les travailleurs humanitaires sont tenus de créer et de maintenir un environnement qui prévient l’exploitation et les abus sexuels et favorise la mise en œuvre de leur code de conduite. Les responsables à tous les niveaux ont la responsabilité particulière de soutenir et de développer des systèmes qui maintiennent cet environnement.
Les participants/bénéficiaires à la séance d’AHDI ont manifesté leur satisfaction. Ils ont ainsi formulé leurs recommandations, en ces termes : « Cette matière est très importante. Malheureusement, lorsqu’on est dans le besoin, on accepte parfois les conditions imposées. Nous vous recommandons de bien sensibiliser les ONG qui nous amènent de l’aide, mais aussi les agents de l’Etat et les militaires qui prennent pèle mêle les filles et femmes d’autrui », une désolation de participants.
Guylain Busongole, Chef d’antenne des zones de santé Kayna et Kibirizi pour l’organisation AHDI lance un message vibrant: Si vous êtes témoin ou victime de l’exploitation sexuelle, appelez immédiatement le 495555, soit allez vers l’organisation impliquée dans ce domaine, comme AHDI, dont le bureau se trouve à quelques mètres du Centre de santé CEPROMI, soit déposez votre plainte dans la boîte à suggestion la plus proche, ou encore, dirigez-vous vers les points d’écoute et Espace Sûr pour rencontrer les APS qui y sont affectés. Il en est de même pour les violences basées sur le genre, surtout le viol qu’il faut dénoncer dans les 72heures de la commission de l’acte. Il faut directement envoyer la victime dans le centre de santé le plus proche pour recevoir le Kit PEP et d’autres aspects de la prise en charge. Quant aux autres types de VBG, suivez la même procédure que pour les exploitations et abus sexuels. Le silence ne protège que les agresseurs.
Malgré ces engagements, la mise en œuvre reste inégale, et de nombreux cas ne sont jamais signalés par peur de représailles ou de stigmatisation. Il est impératif que les communautés bénéficiaires soient informées de leurs droits et aient accès à des mécanismes sûrs et confidentiels pour déposer plainte.
Il convient de préciser que ces activités s’inscrivent dans le cadre la sensibilisation et communication communautaire sur la protection contre l’exploitation et abus sexuels, les violences basées sur le Genre.
Chargé de Communication d’AHDI